1827
Fondation de la maison Duvelleroy originelle à Paris
La Maison d’éventails Duvelleroy est née du rêve d’un jeune homme visionnaire, Jean-Pierre Duvelleroy ; celui de remettre l’éventail aux mains des femmes, à une époque où l’objet était passé de mode. Né en 1802 à Cherbourg, Jean-Pierre était venu à Paris en 1824 pour devenir l’apprenti d’un maître éventailliste. En 1829, un bal somptueux donné par la duchesse de Berry exauce tous ses vœux : une danse ravive la mode de l’éventail, la Maison est lancée. Parmi les premières créations, des éventails mettant en valeur des gravures de Pomel, dont Jean-Pierre avait racheté le fonds.
1845
A Paris, une boutique rue de la Paix ; à Londres, sur Regent Street
De sa première adresse parisienne 10, rue Neuve-du-Bourg-l’Abbé, Duvelleroy déménage plusieurs fois avant d’établir sa boutique au 15, rue de la Paix et ses ateliers Passage des Panoramas.
Quelques années plus tard, une succursale est ouverte à Londres, sur Regent Street puis New Bond Street.
1850s
La Maison est primée aux expositions universelles et devient fournisseur des reines
La richesse d’exécution des éventails Duvelleroy, caractéristique de la haute-façon française, permet à la Maison originelle de recevoir de nombreuses médailles d’or. Jean-Pierre Duvelleroy devient successivement fournisseur de la reine Victoria et des grandes cours européennes. Les Duvelleroy père et fils se verront remettre la Légion d’Honneur.
1861
Le langage de l’éventail et la légèreté de ton
La succursale londonienne de la Maison originelle Duvelleroy édite un fascicule qui égrène les messages codifiés d’une gestuelle à l’éventail : « Suivez-moi », dit l’éventail tenu devant le visage... « Allez-vous en », implore l’éventail frôlant l’oreille ... « Vous avez changé », « Nous sommes observés », « Je vous hais », « Je vous aime », « Embrassez-moi »... illustrant ainsi l’esprit joueur et facétieux de la Maison.
1873
Naissance d’un style : les éventails couture
Georges Duvelleroy, successeur de son père à Paris, va initier un âge d’or stylistique pour la Maison, à travers des éventails pailletés, des éventails frous-frous, des éventails bijoux et des éventails peints... mais aussi des jumelles, des aumônières et des sacs brodés.
1880s
Naissance d’un style : les éventails couture
Georges Duvelleroy, successeur de son père à Paris, va initier un âge d’or stylistique pour la Maison, à travers des éventails pailletés, des éventails frous-frous, des éventails bijoux et des éventails peints, tous plus raffinés les uns que les autres...
1890s
Les éventails Oiseaux
Sous la direction de Georges Duvelleroy apparaissent les premiers éventails Oiseaux, soient des éventails tout en plumes célèbrant l’incroyable richesse – couleurs, motifs, textures – de la nature. Duveteuses comme celles de l’autruche ou graphiques et contrastées telles celles de l’argus d’Inde, les plumes décorent des objets d’une grande audace. Les plumages invoquent tour à tour le réel ou l’imaginaire, grâce à un subtil travail de marqueterie. Ce savoir-faire va rapidement devenir emblématique de la Maison.
En 1909 le journal Le Gaulois l’assure : « L’éventail oiseau, la dernière création de Duvelleroy, fait l’admiration de toutes les élégantes. Rien n’est charmant et original comme ces beaux oiseaux aux ailes déployées qui, sous l’impulsion d’une main gracieuse, semblent prêts à s’envoler… »
1895s
Les éventails-affiches
Dans la foulée des éventails commémoratifs (Duvelleroy a par exemple réalisé un modèle en souvenir de la 150e représentation de la Loïe Fuller aux Folies Bergères le 6 février 1893) se développent les éventails publicitaires, porte-étendards du talent des premiers graphistes tels Iribe, Gendrot, Privat-Livemont… Les bons-à-tirer de modèles promouvant le Ritz, Chez Maxim’s ou encore Moët & Chandon sont légion dans les archives de la Maison.
1900s
L’Art Nouveau en majesté ; la forme Ballon et la marguerite comme signatures
La Belle Époque ouvre une période créative très riche pour Duvelleroy. Des peintres comme Louis Billotey, Louise Abbéma, Maurice Leloir, et des artisans comme Georges Bastard contribuent aux créations de la Maison, introduisant le monde végétal, organique et tout en courbes caractéristique du style Art nouveau.
Deux emblèmes de la Maison voient le jour : l’éventail « ballon », dont la forme évoque les montgolfières et l’univers aérien ; et la marguerite Duvelleroy, estampée sur la rivure des éventails.
1905
Duvelleroy, créateur d'objets
En parallèle des éventails, la Maison enrichit ses catalogues pour proposer à ses clientes tous les objets alors nécessaires à une vie chic : aumônières, bourses, sacs pailletés, jumelles, accessoires pour cheveux...
Déjà précurseure sous Jean-Pierre Duvelleroy, la Maison continue d’innover sous l’impulsion de son fils Georges. Faisant appel à l’un des meilleurs opticiens de l’époque, elle fait breveter en 1905 les jumelles-bijoux « Tom-Pouce », puis met au point un système de bélière à chaîne pour accrocher son éventail à la ceinture, breveté également..
1910s
La ménagerie
La Maison originelle a pour tradition de proposer à ses clients des portraits de leurs animaux de compagnie sur éventail. Adolphe Thomasse est le peintre-portraitiste officiel de ces mascottes : bouledogues, King Charles, chats enrubannés, singes...
1920s
Les éventails des Années Folles
Pour parer les femmes de l’époque, Duvelleroy réalise des créations de haute-façon en plumes d’autruche, dits « pleureuses ». La Maison en conçoit notamment une sur commande pour les noces de Farida Zulfikar avec le roi Farouk d’Égypte en 1938.
Georges Duvelleroy transmet son savoir-faire à Madeleine Boisset, peintre-éventailliste, tandis que sa fille, madame Mouchotte, reprend les rênes de l’entreprise.
1940s
La relève
En 1940, Jules Maignan reprend la Maison auprès des enfants de Madame Mouchotte. Madeleine Boisset, longtemps élève de Georges Duvelleroy, assure un temps la continuité du savoir-faire. C’est auprès d’elle que le jeune Michel Maignan (petit-fils de Jules) découvre le monde de l’éventail – il deviendra au fil des décennies expert.
Après-guerre, les sacs du soir et sacs de jour prennent le relais des éventails et permettent à la Maison de maintenir son activité. Duvelleroy est l’une des seules maisons d’éventails à avoir perduré dans les décennies suivant le second conflit mondial.
1980s
La préservation d’un patrimoine
En 1981, Jules Maignan transmet à son petit-fils Michel le fonds d’archives Duvelleroy alors en sa possession : des catalogues, des éventails, des outils de fabrication, des matières et du mobilier de la Maison, rassemblés depuis la fondation de cette dernière en 1827. « Je te le donne pour que tu en fasses quelque chose », dit-il.
Dans la foulée, la Maison originelle est mise en lumière au sein de plusieurs expositions liées à l’éventail : en 1986 au musée Galliera à Paris et en 1995, en Angleterre, avec l’exposition Duvelleroy, King of Fans, Fanmaker to Kings.
2010s
La renaissance
En 2010, Michel Maignan s’associe à Eloïse Gilles et Raphaëlle Le Baud pour faire renaître la marque Duvelleroy et honorer ainsi son engagement auprès de son grand-père.
2015
Une nouvelle adresse emblématique
Ouverture de la première boutique contemporaine, au 17 rue Amélie dans le 7e arrondissement de Paris. Elle sera rénovée en 2025 par l’architecte d’intérieur Audrey Bouaziz.
2020s
Le retour d’un indispensable
Sous la direction artistique de Léa Dassonville de 2019 à 2025 notamment, la nouvelle Maison Duvelleroy s’attache à redonner à l’éventail la place qu’il mérite dans notre quotidien à travers des petites séries fabriquées en Espagne, tout en restant fidèle à l’identité de la Maison originelle : les savoir-faire traditionnels de l’éventaillerie à la française sont convoqués pour la fabrication d’éventails d’exception et les collaborations avec des artistes et artisans se multiplient.
Des collaborations ainsi que des « curiosités » — coiffes, appliques — viennent régulièrement enrichir cet univers et en compléter le style, rappelant que le champ d’expression créative de la Maison d’origine était particulièrement vaste.
En 2026, l’histoire de la Maison continue de s’écrire sous la seule direction d’Eloïse Gilles, avec en ligne de mire la célébration du bicentenaire en 2027.






















































































