1827

Fondation de la maison Duvelleroy originelle à Paris

La maison d’éventails Duvelleroy est née du rêve de Jean-Pierre Duvelleroy, celui de remettre l’éventail aux mains des femmes. Un bal somptueux donné par la duchesse de Berry en 1829 exauce tous ses vœux : une danse relance la mode de l’éventail, et lance la maison.

1850s

Duvelleroy est primée aux expositions universelles et devient fournisseurs des reines

La richesse d’exécution des éventails Duvelleroy, caractéristique de la haute façon française, permet à la maison originelle de recevoir de nombreuses médailles d’or. Jean-Pierre Duvelleroy devient successivement fournisseur de la reine Victoria et des grandes cours européennes. Les Duvelleroy père et fils se verront remettre la Légion d’Honneur.

1861

Le langage de l’éventail et la légèreté comme signature

La succursale londonienne de la maison originelle Duvelleroy édite un fascicule qui égrenne les messages codifié d’une gestuelle à l’éventail : « Suivez-moi », dit l’éventail tenu devant le visage...« Allez-vous en », implore l’éventail frôlant l’oreille ... « Vous avez changé », « Nous sommes observés », « Je vous hais », « Je vous aime », « Embrassez-moi »... illustrant ainsi l’esprit joueur et facétieux de la Maison

1873

Naissance d’un style : les éventails couture

Georges Duvelleroy, successeur de son père à Paris, va initier un âge d’or stylistique pour la Maison, à travers des éventails pailletés, des éventails frous-frous, des éventails bijoux et des éventails peints... mais aussi des jumelles, des aumônières et des sacs brodés.

1890

Les éventails Oiseaux

ciel / oiseaux / plumes / envol : oiseau comme source d’inspiration pour sa légèrété aérienne et l’esthétique de ses motifs : le côté duveteux de l’autruche, le graphisme d’une aile ou d’une plume, le travail de marqueterie pour créer un plumage imaginaire sont les signatures de la maison (AUTRUCHE DUVETEUSE / PLUMES GRAPHIQUES / MARQUETERIE …COMPOSITION)
Le journal Le Gaulois l’assure : « L’éventail oiseau, la dernière création de Duvelleroy, fait l’admiration de toutes les élégantes. Rien n’est charmant et original comme ces beaux oiseaux aux ailes déployées qui, sous l’impulsion d’une main gracieuse, semblent prêts à s’envoler… » Le Gaulois, le 12 mars 1909. Fonds Duvelleroy.

1900

L’Art Nouveau en majesté

La Belle Epoque ouvre une période créative très riche pour Duvelleroy. Des artistes comme Billotey, Louise Abbéma ou Maurice Leloir contribuent aux créations de la Maison, introduisant le monde végétal, organique et tout en courbes caractéristiques du style Art Nouveau.

1905

Duvelleroy, créateur d'objets

En parallèle des éventails, la Maison propose à ses clientes tout le nécessaire à une vie élégante : aumônières, bourses, sacs pailletés, jumelles, accessoires de cheveux enrichissent les catalogues d’éventails... La Maison innove sous l’impulsion de Georges Duvelleroy. Faisant appel à l’un des meilleurs opticiens de l’époque, la maison brevette les jumelles « Tom Pouce », puis met au point un système de bélière à chaîne pour accrocher son éventail à la ceinture, breveté également, et dépose ses modèles phares, comme les éventails oiseaux.

1910

La ménagerie

La maison originelle avait pour tradition de proposer des peintures des animaux de compagnie de ses clients sur éventail. Adolphe Thomasse était le portraitiste officiel de ces mascottes : bouledogues, King Charles, chats enrubannés, singes ornent les éventails peints par cet artiste.

1920s

Les éventails des Années Folles

La Première Guerre mondiale marque la fin d’un monde et de son mode de vie : les éventails textiles cèdent le pas aux éventails publicitaires, même si on trouve encore les éventails de haute façon en plumes d’autruche dits « pleureuses », parant les garçonnes de années folles. La Maison réalise une commande pour les noces de Farida Zulfikar avec le roi Farouk d’Égypte en 1938. Georges Duvelleroy transmet son savoir-faire à Madeleine Boisset, peintre éventailliste, tandis que sa fille reprend les rênes de l’entreprise. Les sacs du soir et sacs de jour prennent le relais des éventails et permettent de maintenir l’activité de la Maison d’origine.

1940s

L'éventail à l'heure de l'air conditionné

En 1940, Jules-Charles Maignan reprend la maison auprès des descendants du fondateur. Madeleine Boisset, longtemps élève de Georges Duvelleroy, assure un temps la continuité du savoir-faire. C’est auprès d’elle que le jeune Michel Maignan découvre le monde de l’éventail. Duvelleroy est l’une des seules maisons d’éventails à avoir perduré après-guerre. Pendant les décennies qui suivent, la maroquinerie devient l’activité principale de la Maison.

2010

Le réveil de la belle endormie

En 2010, Michel Maignan s’associe à Eloïse Gilles et Raphaëlle Le Baud, deux jeunes femmes passionnées issues du luxe et de la mode, pour faire renaître la marque Duvelleroy.
1980s

La préservation d'un patrimoine

En 1981, Jules-Charles Maignan donne à son petit-fils Michel Maignan un fonds d’archives Duvelleroy : des catalogues, des éventails, des outils de fabrication, des matières et du mobilier de la maison, rassemblés depuis la fondation de cette dernière en 1827. « Je te le donne pour que tu en fasses quelque chose », avait-il dit. Au cours des décennies suivantes, l’histoire de la maison originelle est présentée dans nombre de rétrospectives liées à l’éventail : en 1986 au musée Galliera, en 1995, en Angleterre, avec l’exposition Duvelleroy, King of Fans, Fanmaker to Kings.
2020

L’éventail nouvel indispensable

Sous la direction artistique de Léa Dassonville, la nouvelle maison Duvelleroy utilise les savoir-faire traditionnels de l’éventaillerie à la française pour les éventails d’exception, tout en inscrivant cet art de vivre dans le contemporain par les éventails du quotidien, fabriqués en petites séries en Espagne. Des curiosités, telles que des coiffes et des appliques, viennent enrichir cet univers, compléter le style, et rappellent que la Maison originelle avait un champ d’expression large.